Perturbateurs endocriniens : comment les éviter au quotidien ?

21 Avr 2020 | 0 commentaires

L’histoire des perturbateurs endocriniens commence en 1950, lorsque John McLeod, biologiste américain, puis des scientifiques du monde entier se posent la question d’une intervention environnementale quant à l’altération de la fertilité masculine. Puis, en 1970 l’augmentation des cancers gynécologiques chez de jeunes femmes inquiète de nouveau. On révélera alors l’impact du distilbène, œstrogène de synthèse, sur l’appareil reproducteur féminin sur plusieurs générations. Depuis, la réglementation sur les perturbateurs endocriniens a évolué. Comment agissent-ils ? Où sont-ils ? Et surtout, comment faire pour les éviter ? On fait le point sur ces substances chimiques nocives pour notre santé.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Le système endocrinien (ou hormonal) est constitué de plusieurs glandes qui produisent des hormones. Ces dernières jouent le rôle de messagers et régulent des fonctions essentielles de notre organisme.

Ce que l’on appelle les perturbateurs endocriniens, ce sont des substances chimiques qui empêchent le bon fonctionnement de notre système hormonal, provoquant par la même occasion un effet néfaste pour notre santé.

Ce n’est qu’en 2002 que l’Organisation Mondiale de La Santé (OMS) définit les perturbateurs endocriniens comme une substance provenant de l’extérieur de l’organisme, qui altère les fonctions du système endocrinien et, par voie de conséquence, est nuisible sur la santé d’un individu ou sa descendance.

Où sont les perturbateurs endocriniens ?

Les perturbateurs endocriniens peuvent être d’origine naturelle ou artificielle :

  • Les phyto-œstrogènes comme le soja, le lin, le trèfle, présents naturellement dans le monde végétal, possèdent la capacité d’interférer avec le système hormonal. Ils peuvent donc avoir des effets nuisibles.
  • Les perturbateurs endocriniens chimiques (bisphosphénol A) ont quant à eux des effets sur des fonctions aussi essentielles que la reproduction (stérilité), la croissance, le développement (cancer) ou encore le métabolisme (diabète, problème thyroïdien).

Ces risques concernent les individus directement exposés, mais également leur progéniture. Source INRS.

Qu’ils soient d’origine naturelle ou artificielle, les perturbateurs endocriniens sont partout (dans l’air, dans l’eau, dans notre maison, etc.), mais on les trouve particulièrement dans l’alimentation.

Les perturbateurs endocriniens tout autour de nous

Bien que certains perturbateurs endocriniens soient vite dégradés dans notre organisme, une exposition prolongée maintient une imprégnation permanente de ceux-ci. Si certaines de ces substances ne présentent aucun danger avéré, il n’en est pas moins qu’elles sont présentes. Il est donc raisonnable de limiter notre exposition à ces perturbateurs endocriniens, en étant vigilant. Pour vous y aider, voici une liste (non exhaustive) des endroits où l’on trouve des perturbateurs endocriniens.

Dans notre maison

Dans notre habitat, les perturbateurs endocriniens sont omniprésents :

  • Dans les enduits de construction, les peintures, les dalles, etc. qui sont imprégnés de composés perfluorés, de solvants et de phtalates ;
  • Dans les tapis, rideaux, coussins, moquette, fauteuil, literie, etc. qui contiennent des composés polybromés (contre l’inflammabilité) ou des composés perfluorés (composants antitaches) ;
  • Dans les appareils électroniques (ordinateurs, téléviseurs) qui contiennent des retardateurs de flammes ;
  • Dans les fils ou câbles électriques qui contiennent des phtalates ;
  • Dans les détergents utilisés comme les cires à parquet (composés perfluorés).

Ces polluants se retrouvent dans l’air et sont inhalés. Aérer quotidiennement et passer l’aspirateur régulièrement aident à réduire la concentration de ces polluants dans notre intérieur.

Dans la cuisine

Il n’y a pas que par l’alimentation que les perturbateurs endocriniens s’invitent dans notre cuisine :

  • Les ustensiles de cuisine renferment souvent des substances nocives. Il y a des composés perfluorés dans les revêtements antiadhésifs des poêles et casseroles, dans les emballages en papier ou en carton traités contre le gras ou encore sur les nappes ou serviettes imperméabilisées et antitaches ;
  • Les phtalates sont présents dans les récipients en plastique.

Ces substances migrent vers l’alimentation particulièrement en cas de chauffage. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas réchauffer sa nourriture au micro-ondes dans des récipients en plastique et de ne pas utiliser d’ustensiles ou de contenants rayés ou usés.

L’eau du robinet est également contaminée par des traces d’hormones (médicaments libérés dans les urines comme les pilules contraceptives), de plomb ou de « bisphénol A » contenu dans les matériaux de canalisations.

À noter : le bisphénol A (ou BPA) est interdit depuis 2015 dans les contenants alimentaires (canettes, boîtes de conserve, emballages et bouteilles plastiques), mais on le retrouve encore dans certains ustensiles comme les blenders, les boîtes pour micro-ondes, les bacs de réfrigérateur, etc.

Dans notre alimentation

Nous l’avons vu, notre alimentation est imprégnée de perturbateurs endocriniens :

  • Principalement dans les fruits, les légumes et les céréales à cause des pesticides ;
  • Dans les aliments gras comme la viande, le poisson ou encore le lait qui contiennent des composés polybromés ;
  • Dans les poissons gras qui sont particulièrement contaminés (mercure, dioxines, PCB) c’est pourquoi il est recommandé de n’en manger qu’une fois par semaine.

On retrouve également certains parabens employés comme additifs alimentaires en tant que conservateurs (E214, E215, E218, E219, etc.) pour leurs propriétés antibactériennes et antifongiques.

Dans notre salle de bain

Là encore, les perturbateurs endocriniens sont bien présents dans notre salle de bain :

  • Dans les médicaments. Si pour certains les perturbateurs endocriniens sont attendus (car c’est leur rôle) comme pour les pilules contraceptives, pour d’autres leur présence interpelle (paracétamol, aspirine, anti-inflammatoire). Dans ces derniers, les substances retrouvées réduisent la production de testostérone chez l’adulte, et inquiète (comme pour l’utilisation du paracétamol pendant la grossesse) ;
  • Dans les produits d’hygiène et de cosmétique (après-rasage, déodorant, vernis à ongles, shampoing, etc.) l’on retrouve des phtalates et des parabens (en tant que conservateurs) qui sont présents dans la composition d’environ 80 % des produits cosmétiques ;
  • Dans les savons et les dentifrices dans lesquels on retrouve du triclosan (un biocide) ;
  • Mais aussi dans le rideau de douche qui doit sa souplesse aux phtalates.

Dans la chambre des enfants

La chambre des enfants n’est pas épargnée avec une présence de phtalates dans :

  • Les jouets en plastique qui est une source majeure d’exposition, car ils sont mis à la bouche et les substances passent par la salive ;
  • Les éventuels tapis et moquettes.

Sur nous

Les polluants utilisés au cours de la fabrication des vêtements imprègnent les tissus et se retrouvent sur les vêtements neufs que nous portons. C’est pourquoi il est recommandé de les laver avant une première utilisation.

Dans notre voiture

Les sources de perturbateurs endocriniens sont nombreuses dans un si petit habitacle :

  • Mousses de sièges et autres textiles ;
  • Huiles lubrifiantes ;
  • Liquide de freinage ;
  • Optiques de phare, etc.

Au travail

Le taux de BPA est 5 fois plus élevé dans les poussières des bureaux que dans celles de nos maisons. Certains métiers sont plus exposés que d’autres (fabrication de produits chimiques, utilisation de solvants, etc.), c’est pourquoi le Code du travail protège les salariés exposés en imposant des moyens de protection adaptés.

Dans l’environnement extérieur

Les pesticides et insecticides sont interdits depuis de nombreuses années, mais leur persistance dans l’environnement continue de polluer les eaux et les sols. Ils entraînent un réel risque pour la santé humaine lorsque nous consommons des aliments contaminés.

Malgré cette liste déjà longue, il est difficile de savoir où se trouvent exactement les perturbateurs endocriniens, car ils ne sont pas tous identifiés. La législation actuelle n’impose pas toujours aux industriels de les identifier, ni à quel dosage ils sont nocifs pour la santé. 

Comment faire pour les éviter ?

Il est incontestable que les perturbateurs sont partout. Dans ce cas, comment faire pour les éviter ?

Un constat et la mise en place de mesures

Actuellement se posent 2 problématiques essentielles :

  1. Répertorier les perturbateurs endocriniens, même s’ils sont définis ;
  2. Connaître les conséquences de ces produits, même à faible dose.

Dans l’attente de ces réponses, plusieurs actions sont possibles. L’INRS (Institut Nationale de Recherche et de Sécurité) qui agit dans le domaine du travail propose ces principes généraux, adaptables à tous :

  • Éviter les risques, si possible, en les supprimant ;
  • Évaluer les risques et les combattre à la source ;
  • Remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou ce qui l’est moins : substitution des produits dangereux par des produits présentant moins de risques ;
  • Privilégier les mesures de protection collective (ventilation et assainissement de l’air, système clos, mécanisation, etc.) par rapport aux mesures de protection individuelle ;
  • Former et informer les salariés, en particulier les femmes en âge de procréer, sur les risques et leur prévention.

Pour ce faire, une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE 2014-2016) qui vise à réduire l’exposition de la population et de l’environnement aux perturbateurs endocriniens a été mise en place en France. L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a ainsi pour mission principale d’effectuer une expertise scientifique indépendante et pluraliste.

Des associations locales et citoyennes (comme l’ASEF, RES, etc.) agissent également, pour l’information sur les perturbateurs endocriniens et les alternatives possibles.

Même si les actions sont essentiellement focalisées sur les enfants et les femmes en âges de procréer, une action est toujours possible pour tous les âges et tous les individus.

En théorie, cela semble évident qu’il faut agir ainsi. Mais en pratique, comment faire ?

Quelques gestes à adopter pour éviter les perturbateurs endocriniens

Le niveau d’exposition à la substance chimique est un critère important pour connaître les risques qu’elle représente. C’est pourquoi la première précaution à prendre est de respecter les conditions normales d’utilisation des produits pour limiter leur exposition.

Voici quelques gestes à mettre en place au quotidien :

  • Toujours laver les vêtements neufs avant de les porter la première fois ;
  • Aérer la maison 3 fois pendant au 10 min tous les jours ;
  • Dégazer les meubles neufs en les entreposant dans le garage par exemple pendant quelques jours après l’assemblage ;
  • Pour le ménage, évitez les produits ménagers contenant des ingrédients chimiques et privilégiez les produits naturels comme le vinaigre blanc ou le savon noir.
  • D’une manière générale, favorisez les produits contenant un minimum d’ingrédients et évitez les formules contenant des « E ».

Comment limiter les perturbateurs endocriniens dans la cuisine et la salle de bain ?

Les perturbateurs endocriniens se cachent partout. Un des avantages d’un mode de vie zéro déchet est de limiter les objets contenant des substances nocives.

Dans la salle de bain

Tournez-vous autant que possible vers des produits naturels, comportant l’éco label européen et la mention « sans parabens ».

Par exemple, une savonnette remplace aisément le savon liquide et certains soins peuvent être faits avec de l’huile de coco bio, du citron ou d’autres ingrédients naturels. On évite ainsi toutes les substances contenues dans les emballages, mais aussi dans les produits eux-mêmes.

Dans la cuisine

Pour l’alimentation, il est préférable d’opter pour des aliments frais et issus de l’agriculture biologique pour éviter les pesticides.

En ce qui concerne les emballages, tournez-vous vers des contenants en verre et privilégiez l’achat en vrac.

Limitez également vos produits d’entretien au vinaigre blanc, au bicarbonate de soude, au savon de Marseille, ou à certains produits d’entretien écologiques.

Comment éviter les perturbateurs endocriniens pour mon bébé ?

Les perturbateurs endocriniens inquiètent pour la santé du fœtus, de l’enfant, mais également de la femme enceinte. Ils provoquent de nombreuses maladies comme l’infertilité ou des cancers.

Pour assurer à nos enfants de grandir en toute sécurité, prêtez attention :

  • Aux couches ;
  • À la composition des biberons ;
  • À la présence de substances dans certains jouets en plastique ;
  • À l’alimentation et aux petits pots de bébé.

Le fait-maison et les mentions « bio » ou « écologique » assurent une alimentation et une vie saine pour les enfants.

Où sont les perturbateurs endocriniens et comment faire pour les éviter ? On fait le point sur ces substances chimiques nocives pour la santé.

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