8 fausses bonnes idées « écologiques » : les choix zéro déchet qui n’en sont pas

4 Août 2020 | 0 commentaires

Tu as décidé de passer à un mode de vie zéro déchet et tu guettes la moindre astuce qui te rapproche de cet idéal. Quel que soit ton niveau de prise de conscience, tu peux être fier de ta démarche, qui va dans le sens d’une meilleure vie pour tous. Malgré ta bonne volonté cependant, il est possible que certaines de tes actions soient contre-productifs. Personne n’est en effet à l’abri d’un achat incohérent, face aux injonctions à consommer. Voici donc 8 objets étiquetés « écologiques » que nous n’achèterons pas.

1. Les gadgets recyclés

«Tiens, il est super cet épluche-navet en pneu de récup’, en plus il est assorti à ma râpe à radis en chewing-gum upcyclé, trop classe ! ». Ami de la planète, sois vigilant. Sur ton lit de mort, il est peu probable que ton immense fierté soit de léguer à ta descendance un accroche-torchon en capsules recyclées. Un produit acheté, recyclé ou pas, c’est un produit qui doit s’user à force d’usage. Parce que des déchets, il y en a pas mal : un Français génère en moyenne 580 kg de déchets par an. En Europe, on jette joyeusement 8 tonnes d’ordures par seconde. Cette quantité augmente chaque année, tandis que les 3/4 des déchets ne sont pas recyclés. Et le recyclage demande de l’énergie et des ressources.

Mais alors ? À ce stade, la seule réflexion qui tient la route, c’est : pas d’achat, pas de produit. Pas de produit, pas de déchet.

2. Les capsules recyclables pour machine expresso

La machine à expresso est la représentante en chef de l’obsolescence programmée. Passons sur l’emballage en capsules (40 000 tonnes de déchets annuels) , sur les métaux lourds relargués dans le corps et l’environnement, sur le prix indécent du café : 60 € le kilo pour une qualité médiocre contre 20 € un bon café bio en grain. Soit : un bras, un rein, plus les yeux de la tête (Entre nous, cette expression me perturbe : où sont les autres yeux ? ). Il se trouve en plus que le recyclage des capsules est difficile, énergivore et coûteux (pour le contribuable). Le What else est un non-sens abyssal, alimenté au nucléaire. Durée de vie du déchet d’Uranium 238 : quatre milliards et demi d’années.

Mais alors ? La cafetière italienne, amico !

3. Les applis pour limiter ses déchets

Les applications qui sensibilisent au comportement écoresponsable, mais poussent à l’usage immodéré du smartphone, de sa mémoire et de sa batterie, c’est d’une hypocrisie sans nom. Le smartphone, ce concentré de pollution utilisé par 5 milliards de personnes, accélère de manière gravissime et inéluctable la dégradation du monde. 70 kilos de matières toxiques sont nécessaires pour produire un de ces monstres, soit 600 fois son poids final. Dans l’indifférence générale, la fabrication du smartphone et ses déchets colossaux sont directement responsables de guerres, de maladies mortelles, de destructions massives de sociétés locales, de vies ravagées, d’écosystèmes détruits, sans qu’une seule mesure soit prise par les fabricants pour y changer quoi que ce soit. Alors une appli anti-gaspi ? Sérieux ?

Mais alors ? Rebelle-toi ! Boycotte, éteint ton smartphone, n’en achète plus jamais. Et vive la vie : mangia bene, ridi spesso, ama molto ! (Bien manger, rire souvent, aimer beaucoup !)

4. La liseuse

L’impact écologique d’une liseuse est celui de tout produit électronique, comme vu précédemment : des composants nocifs non-renouvelables, une extraction minière assortie d’une exploitation humaine d’une voracité et d’une violence inouïe, une consommation électrique et une obsolescence programmée. C’est tout ? Non, la criante inutilité de cet objet n’empêche nullement l’inflation de sa production.

Mais alors ? Viendrais-tu de Pluton, toi qui n’as pas encore croisé ce truc rectangulaire sans batterie qui crépite sous les doigts et nourrit parfaitement l’esprit ? (Perdu ! Ce n’est pas un poisson pané.) Pour les non-aliens infiltrés : les livres ne tombent pas en panne, se trouvent encore à la librairie, coûtent quasi rien à la bibliothèque, se donnent et s’échangent entre copains. Sympa, non ?

5. Les huiles essentielles

Les huiles essentielles, voilà un marché juteux de plusieurs milliards de dollars. Avec la demande qui a explosé, la surexploitation des plantes cultivées et sauvages s’est intensifiée. Les conséquences : une biodiversité en danger et la disparition progressive de certaines espèces (bois de rose, cèdre de l’Atlas, nard de l’Himalaya, bois de Oud, etc.) Une huile essentielle est un produit qui demande des quantités pharaoniques de matières premières : pour 1 kg d’huile essentielle de rose, il faut 3 à 5 tonnes de pétales. Or son utilisation massive pour faire des savons (120 gouttes pour un petit savon !) ou des produits d’entretien est un cruel gâchis, pas du tout zéro déchet, car dans les eaux usées cette essence concentrée déséquilibre l’écosystème aquatique.

Mais alors ? Conserve ce précieux nectar, d’un producteur local de confiance, pour un usage très ponctuel et thérapeutique.

6. Les tote bag

Tous les sacs à priori sont réutilisables au moins une fois. Pourquoi acheter des sacs en toile dits « tote bag » quand on a des sacs en pagaille à la maison ? De même pourquoi acheter des lingettes lavables quand on peut récupérer le tissu d’anciens vêtements. Pourquoi un emballage réutilisable ne pourrait être un torchon ? Un produit, de sa conception à sa finitude, implique un ensemble de ressources tant humaines qu’énergétiques, des matières premières et des déchets, même bios et recyclés. Fabriqués en quantité, offerts en cadeau par les entreprises, ces sacs en tissu finissent au fond d’un placard, avec les vieux vêtements…

Mais alors ? Faites de la récup’.

7. Les microfibres synthétiques

Remplacer le jetable par du durable est un des principes du zéro déchet. Le problème avec les lingettes en microfibres synthétiques, c’est que des microparticules de plastiques se détachent à chaque lavage et qu’aucune station d’épuration ne peut les filtrer. Elles se retrouvent dans les sols, les océans et dans tous les êtres vivants (oui, tu êtes un peu en plastique, comme Barbie et Ken). Ce relargage massif concerne d’ailleurs aussi les vêtements en acrylique, polyester, etc. Notons que les marques se désintéressent de la conséquence de leur production, qui représente 500 000 tonnes par an de microfibres qui s’accumulent dans l’océan.

Mais alors ? On oublie les microfibres, on sort ses chiffons, on achète moins de vêtements et on les lave moins, car on lave trop.

8. Les objets en bambou

Jouets, vaisselle, brosses à dents, le bambou est une tendance « bio ». Premier problème : ta brosse à dent arrive en avion d’Asie ou d’Amérique latine. Deuxième problème : là-bas, les forêts locales sont rasées pour faire place à des plantations industrielles de bambous. Les sols sont stérilisés et les petits producteurs exploités et dépossédés de leur source de revenus traditionnelle. Troisième problème : cette plante invasive colonise les territoires et bouleverse l’écosystème locale. Quatrième problème : pour produire plus, les bambous sont coupés avant leur maturité, donnant un bois de mauvaise qualité. Choisir du bambou certifié FSC ? Ne compte pas sur ce label censé garantir une gestion durable et responsable des forêts. Il est en réalité phagocyté par les industriels du bois qui se fichent éperdument de la déforestation.

Mais alors ? Oriente-toi vers des matériaux durables et français, que tu peux tracer plus facilement.

La démarche vers le zéro déchet est d’autant plus rude qu’elle se fait au niveau personnel et pas sociétal, à cause de la non-implication des pouvoirs publics et des représentants politiques. Ainsi, les plus grands pourvoyeurs de déchets, les entreprises et le BTP font à peu près ce qu’ils veulent. Voir les chiffres-clés 2019 des déchets par l’Ademe (en page 6, une récapitulation) .

Pour en savoir plus sur les coulisses du smartphone, un article glaçant de Reporterre

Bien des objets s'affichent "écolo". Décryptez 8 fausses bonnes idées zéro déchet très tendances : tote bags,  bambou, applis éco-gestes,  microfibres, etc.

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